Radiofréquences - La Commission transmet son analyse à Hydro-Québec

Radiofréquences - La Commission transmet son analyse à Hydro-Québec
20 février 2013

Depuis janvier 2012, rares sont les journées où les compteurs intelligents d’Hydro-Québec ne font pas la manchette. Ces nouveaux compteurs, qui permettent une lecture à distance en temps réel de la consommation électrique des abonnés de la société d’État, devraient être installés sur tout le territoire québécois d’ici à 2017. Les releveurs de compteurs sillonnant le territoire québécois ne seront alors plus nécessaires. Les compteurs intelligents font jaser parce que les radiofréquences qu’ils émettent font l’objet d’une polémique quant à leurs effets sur la santé. Malgré de nombreuses études publiées sur le sujet, la communauté scientifique demeure divisée quant aux effets nocifs des ondes électromagnétiques sur la santé humaine. Bien que la majorité des études sérieuses concluent à une absence de liens entre les radiofréquences et le cancer, quelques études indiqueraient toutefois un risque plus élevé de tumeur cérébrale pour les utilisateurs fréquents et de longue date de cellulaires. Les spécialistes craignent aussi que les risques soient plus importants pour les enfants. Pour cette raison en 2011, le Centre international de Recherche sur le Cancer (de l’OMS) a classé les radiofréquences comme étant peut-être cancérogènes pour l’homme alors que Santé Canada a fait une mise en garde concernant l’utilisation du cellulaire chez les enfants.

Selon les données disponibles, les radiofréquences émises par les compteurs d’Hydro-Québec seraient minimes en comparaison avec les cellulaires et autres dispositifs de télécommunication (antennes-relais, systèmes WiFi, etc.) et seraient bien en deçà des normes d’exposition sécuritaires émises par Santé Canada. De plus, le niveau d’exposition aux radiofréquences diminue grandement avec la distance, si bien qu’à plus de deux mètres, elles seraient négligeables. Par contre, la multiplication des sources de radiofréquences dans nos maisons et dans les villes insécurise bien des citoyens, particulièrement ceux qui se déclarent  électrosensibles, une condition qui n’a pas de reconnaissance médicale officielle. Lorsqu’exposées à des niveaux de radiofréquences normalement imperceptibles, ces personnes affirment être affectées par différents problèmes de santé tels que des maux de tête, de l’insomnie, des troubles de vision, etc.

Dans l’actualité, le débat autour des compteurs intelligents se polarise. Un mouvement populaire se met en place: les citoyens demandent une plus grande transparence de la part d’Hydro-Québec et réclament le droit de refuser l’installation des nouveaux compteurs à leur domicile. À cela s’ajoute un nombre grandissant de scientifiques et de citoyens qui déplorent le peu d’information donnée à la population, ce qui crée un climat de peur, selon eux, injustifié. Le problème avec les nouveaux compteurs n’est pas tant que c’est une source de radiofréquences, mais que c’est une source de plus. Qui plus est, cette source imposée est une intrusion dans la vie privée des gens.

En résumé, la Commission considère important de répondre aux enjeux de santé publique – en réaffirmant qu’à ce jour rien ne permet de croire à un quelconque danger pour la santé et la sécurité des citoyens —, de transparence, d’équité, de bonne gouvernance et de libre-choix. La Commission insiste aussi sur l’importance d’instaurer un dialogue entre la société civile et les autorités compétentes afin de faire circuler une information complète et non biaisée. 

Consulter l'analyse de la Commission sur les radiofréquences intitulée Transparence, perception du risque et liberté de choix: Au-delà des impacts sur la santé.

 (crédit photo: Agence QMI)