L’éthique et les TIC à l’école : un regard posé par des jeunes

L’éthique et les TIC à l’école : un regard posé par des jeunes
24 août 2015

Depuis quelques années, tableaux numériques interactifs, blogues, applications pour tablette, et autres TIC font leur entrée, souvent fracassante, dans les salles de classe. Elles soulèvent en effet une foule de questions pédagogiques, logistiques et budgétaires, mais aussi éthiques. Par exemple :

  • À qui revient la responsabilité d’équiper les élèves en dispositifs numériques ? Les achats doivent-ils être financés par l’école ? Doit-on privilégier que chaque élève apporte son propre appareil ? Quelles sont les conséquences en matière d’équité ?
  • Doit-on censurer ou filtrer les médias sociaux dans les écoles ?
  • Est-ce qu’on augmente les risques de plagiat électronique en utilisant les TICE ?

C’est avec ces interrogations en tête que la cohorte 2015 de la CEST-Jeunesse a produit l’avis L’éthique et les TIC à l’école : un regard posé par des jeunes.

La CEST-Jeunesse brosse le portrait de ce que devrait être, selon elle, l’école de demain : les finalités qu’elle devrait poursuivre et les valeurs qu’elle devrait incarner. Cette vision, bien ancrée dans un idéal de progrès social, met de l’avant les valeurs de créativité et d’esprit critique, d’entraide et de collaboration, de même que d’équité et d’égalité des chances, d’ouverture sur le monde, d’autonomie et de responsabilité. Elle insiste aussi sur l’importance d’une réelle appropriation de la technologie, en opposition avec la simple compétence à utiliser le matériel.

En s’appuyant sur cette vision, la CEST-Jeunesse exprime ses préoccupations autour de trois enjeux soulevés par les TICE. Tout d’abord, elle place l’efficacité et la valeur pédagogique des TICE comme prérequis essentiel à leur déploiement dans le réseau scolaire. Ensuite, elle aborde les enjeux d’équité soulevés par l’accessibilité au matériel, ainsi qu’à la connaissance et aux compétences pour l’utiliser. Elle met en garde contre certaines dérives possibles et propose des pistes de solutions pour les pallier, par le contrôle ou la responsabilisation des acteurs concernés.

Il résulte de cette réflexion neuf recommandations à l’intention des acteurs du milieu scolaire, principalement au ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Selon la Présidente de la Commission, Me Édith Deleury, « les membres de la CEST-Jeunesse ont développé une vision réaliste et pragmatique de l’usage des TIC en classe. La Commission constate qu’ils se montrent en fait plutôt conservateurs. Cela contraste avec un préjugé selon lequel les jeunes sont de fervents utilisateurs et promoteurs de la technologie.

Dans le cadre de cet avis, ils mettent de l’avant une approche nuancée axée sur la prudence et les preuves scientifiques. Pour la Commission, le message que nous envoient ces jeunes est qu’ils ne doivent pas servir de cobayes.

La position développée dans cet avis plaide aussi pour la reconnaissance d’une pluralité d’approches en éducation et enjoint à viser un équilibre entre celles-ci. Les technologies et leurs usages peuvent avoir leur place, mais il faut se méfier des solutions uniques et des cadres rigides. »

La Commission espère qu’en donnant ainsi la parole aux jeunes et en leur permettant de jeter un regard éthique sur les enjeux qui les préoccupent, cette édition de la CEST-Jeunesse pourra contribuer de façon particulière à enrichir le débat qui a cours sur la place des technologies dans l’école de demain.

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