Ville intelligente : numérique et éthique doivent aller de pair

Ville intelligente : numérique et éthique doivent aller de pair
25 février 2016

Applications mobiles de gestion de la circulation, centres de prise de décision en temps réel, analyse de données massives, capteurs en réseau pour détecter les fuites des systèmes d’aqueduc, accès Internet sans-fil publics gratuits… voilà autant de manières proposées aujourd’hui pour rendre la ville plus « intelligente ». L’utilisation des technologies et des données numériques est appelée à s’amplifier dans les années à venir et la ville intelligente, sous une forme ou une autre, deviendra une réalité. Il nous revient néanmoins comme société de la modeler pour qu’elle réponde à nos valeurs.

Édith Deleury, présidente de la Commission de l’éthique en science et en technologie estime qu’il est « important de faire dès maintenant une réflexion de fond sur la question avant de procéder à des investissements importants. La Commission croit que les innovations qui permettent le développement des villes intelligentes soulèvent un certain nombre de questions d’éthique. »

C’est dans cette optique que la Commission a fait parvenir une lettre ouverte aux grands quotidiens québécois.

Elle annonce par le fait même que, dans les prochains mois, elle engagera une réflexion avec les acteurs concernés dans l’objectif de fournir un soutien à la prise de décision éthique et responsable dans le développement des villes intelligentes.

La Commission s’inquiète notamment de l’emprise du secteur privé sur les solutions technologiques associées à la ville intelligente. « Actuellement, le discours demeure orienté par les entreprises qui développent les applications technologiques, fait remarquer Me Édith Deleury, présidente de la Commission. Les choix que feront les municipalités risquent donc d’être orientés par les produits disponibles plutôt que par une évaluation rigoureuse de leurs besoins. Sans nier que le secteur privé ait un rôle à jouer, des questions importantes se posent quant au contrôle qu’il exerce sur les données et les services publics. »

La Commission s’intéresse aussi à la gestion des données personnelles recueillies et au respect de la vie privée des individus, aux conséquences des inévitables bogues sur les services publics et la population, ainsi qu’au potentiel démocratique de la ville intelligente.