Organismes génétiquement modifiés

blé

De tout temps, l’être humain est intervenu sur la nature pour en tirer le meilleur parti possible et assurer sa survie. Aujourd’hui, la science et ses applications technologiques lui permettent de le faire à plus grande échelle, plus rapidement et sur une plus grande variété d’organismes vivants, de la bactérie à l’être humain lui-même.

La Commission de l’éthique en science et en technologie aborde l’évaluation éthique des organismes génétiquement modifiés (OGM). Un OGM est un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié en enlevant, déplaçant ou modifiant un gène existant ou, encore, en insérant un gène nouveau associé aux caractéristiques recherchées. L’objectif de la transgénèse – le processus de production d’un OGM – est d’accentuer certaines caractéristiques ou lui en donner de nouvelles considérées comme désirables, ou au contraire d’atténuer, voire éliminer certaines caractéristiques considérées comme indésirables.

Dans cet avis publié en 2003, la Commission ne s’est pas limitée aux OGM d’origine végétale, mais a inclus dans sa réflexion les animaux et les microorganismes transgéniques. Il comporte cinq chapitres à l’intérieur desquels la Commission fait le point sur le sujet, décrit le contexte de gestion des risques, précise de quelle façon elle aborde la question sur le plan éthique, rend compte de son évaluation éthique du produit ainsi que du processus (la transgénèse) qui lui est associé. Quelles sont les valeurs qui sont les plus susceptibles d’être en conflit les unes avec les autres? Quels sont les impacts humains et sociaux de la transgénèse? Comment le vivre-ensemble est-il affecté? Quelles sont les représentations culturelles et spirituelles quant au rôle de l’être humain dans l’univers et à la place des interdits alimentaires dans la société québécoise, selon les divers groupes religieux ou culturels qui la composent? Ce sont là quelques exemples de questions traitées dans l’avis. La Commission y formule neuf recommandations et énonce quatre mises en garde.

Plusieurs documents complémentaires à cet avis ont été produits en 2003: 

Un supplément sur les technologies de restriction de l'utilisation génétique (TRUG) est ensuite paru en 2009.

Les technologies de restriction de l'utilisation génétique

Les TRUG sont des OGM qui existent depuis près de 10 ans. Cependant, si toutes les TRUG sont des OGM, l’inverse n’est pas nécessairement vrai. Les TRUG sont mieux connues, dans la population en général, sous le pseudonyme de «technologie Terminator» ou «semences-suicide». Ce surnom vient du fait que des semences dotées de la TRUG ne seraient viables que pour la première génération et qu’il serait impossible pour les agriculteurs qui en feraient usage, de les réutiliser d’année en année.

En février 2007, c’est à la demande du Comité interministériel sur les OGM (CIOGM) que la Commission a commenté un document de réflexion préparé dans le but d’aider les différents ministères du gouvernement du Québec concernés à bien se  positionner administrativement sur les TRUG. Dans son rapport, la Commission mentionnait que les TRUG, à l’instar des OGM, soulevaient des enjeux éthiques tels l’autonomie des agriculteurs, l’impact de leur utilisation sur les pays en voie de développement et les représentations culturelles et spirituelles de la population à l’égard des OGM.

Elle estimait devoir se pencher sur la question du moratoire sur les TRUG qui prévalait depuis 2000 et qui avait été reconduit en 2006 par les pays parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB). Le moratoire veut que les essais en champ ne soient pas approuvés tant que des données scientifiques ne puissent les justifier. Or, il est impossible d’obtenir des données scientifiques valables sans passer par de tels essais. La CEST a réfléchi aux enjeux éthiques du maintien du moratoire qui semblait être justifié essentiellement par la crainte d’effets néfastes et irréversibles sur l’environnement et qui empêchait les recherches sur les incidences écologiques, et masquait les possibles incidences sociales, économiques et culturelles.

Le gouvernement du Québec propose un site Web destiné entièrement aux OGM. Source d’information grand public, le site diffuse une information fiable et validée sur les OGM  en couvrant notamment les aspects scientifiques, économiques, sociaux et éthiques. Qu’est-ce qu’un OGM? En trouve-t-on ici au Québec? Existe-t-il des avantages? Qui décide qu’un OGM peut être développé et commercialisé? Quels sont les risques pour la santé et l’environnement?