En effet, le commissaire Gallant (recommandations 1 et 4) et la CEST (recommandations 17 et 21) soulignent que le manque d’expertise interne en technologies de l’information dans les organismes publics menace l’autonomie de ces derniers face aux fournisseurs et consultants externes. Il s’agit d’un point avancé en 2015 par le Vérificateur Général, et le Commissaire à la lutte contre la corruption.
Extraits sur l’expertise interne et la gestion des contrats tirés de l’avis de la CEST La transformation numérique du réseau de la santé et des services sociaux en vue d'intégrer l'intelligence artificielle : une perspective éthique (2023):
« Sur le plan du processus global de gestion des contrats en TI, de la définition des besoins à l’évaluation des travaux, le VGQ et le Commissaire à la lutte contre la corruption insistent sur la nécessité d’augmenter l’expertise interne en TI dans les MO184. En effet, les gestionnaires des MO n’ont pas toujours l’expertise requise pour gérer avec compétence les changements technologiques dans leurs organisations. Comme l’énonce le Commissaire : « Il en résulte que les véritables gestionnaires de projets, possédant parfois même un rôle décisionnel, sont les représentants des firmes informatiques »185, ce qui rend les MO dépendants des firmes et les place dans une situation de grande vulnérabilité par rapport aux abus potentiels. Or, selon lui, les gestionnaires internes responsables des projets devraient détenir des compétences en TI égales ou supérieures aux consultants externes qu’ils supervisent186 » (p. 61).
184 Commissaire à la lutte contre la corruption (2015) Recommandations du Commissaire à la lutte contre la corruption concernant l’octroi et la gestion des contrats publics en informatique. Unité permanente anticorruption (UPAC), ministère de la Sécurité publique, recommandation 11.
185 Idem, page 16.
186 Vérificateur général du Québec. (2015) Rapport du Vérificateur général du Québec à l’Assemblée nationale pour l’année 2015-2016 : Vérification particulière – Contrats en technologies de l’information. Vérificateur général du Québec, page 39 et recommandation 8.
« Considérant que, afin d’utiliser les ressources de manière responsable et efficiente, la gestion des contrats doit être transparente, intègre, neutre et indépendante, favoriser la concurrence, puis exiger la reddition de comptes et l’imputabilité des décideurs,
Considérant l’importance, pour les organismes publics et les collectivités, de conserver leur autonomie par rapport aux fournisseurs d’outils numériques et aux consultants externes,
Considérant l’importance d’établir et de maintenir la confiance des citoyens,
Recommandation 21 : La Commission recommande au ministère de la Santé et des Services sociaux, aux établissements de santé ainsi qu’au Secrétariat du Conseil du trésor de s’approprier et de mettre en œuvre les recommandations du Commissaire à la lutte contre la corruption et du Vérificateur général du Québec en matière de gestion des contrats en technologies de l’information.
Plus particulièrement, elle recommande au ministère de la Santé et des Services sociaux de recruter des experts hautement qualifiés en TI capables d’évaluer les besoins du RSSS et les propositions des fournisseurs ainsi que de surveiller les contrats » (p.63).

