1. Une alliance entre savoirs autochtones et science pour mieux comprendre les effets des changements climatiques
La nation Wolastoqiyik Wahsipekuk s'associe à l'Université du Québec à Rimouski, le Centre de recherche sur les biotechnologies marines et le Biodôme pour créer un pôle d'innovation maritime. L’objectif de cette alliance entre science et savoirs traditionnels est de contrer les effets des changements climatiques et de favoriser une gestion durable de la pêche. Ce genre d’initiative contribue à la valorisation des connaissances autochtones.
- Savoir wolastoqey et science s’allient au port de Cacouna (Radio-Canada)
- Voir notre Éthique Hebdo sur la valorisation des savoirs traditionnels dans la lutte aux changements climatiques
2. Des chercheurs créent des cellules synthétiques capables de se répliquer
Des chercheurs ont créé ce qu’ils croient être la première cellule synthétique dotée d'un cycle de vie complet, capable de croître, de se nourrir et de se diviser. Cette réalisation en biologie synthétique soulève des questions fondamentales sur ce qu’est la vie, sur ce qui peut être considéré vivant ou inerte. Actuellement, les cellules synthétiques sont dépendantes d’un appareillage technique en contexte expérimental. Cependant, si on arrivait à créer des cellules synthétiques indépendantes, leur introduction dans la nature pourrait éventuellement entrainer de graves perturbations dans les écosystèmes.
- World’s first synthetic cell with a complete life cycle could revolutionize biological engineering (University of Minnesota)
- Synthetic biology researchers think they’ve made a cell. Is it alive? (Stat+)
3. Des caméras corporelles pour les policiers de Montréal
Dans la foulée des allégations de comportements racistes par des policiers de la ville de Montréal, la mairesse souhaite accélérer la réalisation du projet d’équiper les policiers de caméras corporelles. L’objectif de ce projet très couteux est notamment de favoriser la transparence du service de police puis d’améliorer la sécurité et le respect des droits des citoyens et citoyennes. Or, les études et projets pilotes en contexte québécois et canadien ne démontrent pas sans équivoque que les caméras corporelles contribuent à atteindre ces objectifs. De plus, ces dernières soulèvent notamment des enjeux de vie privée, d’objectivité des enregistrements, d’utilisation efficiente et responsable des ressources, puis de souveraineté numérique.
- Après des allégations graves au SPVM, la mairesse veut accélérer le projet de caméras corporelles (Le Devoir)
- Caméras d’intervention policière : pas une panacée (Radio-Canada)
- Sur les caméras corporelles intégrant la reconnaissance faciale, voir : Edmonton police emails, documents provide new information on Canada-first AI facial recognition bodycam pilot (CBC)
4. Le recours aux outils d’intelligence artificielle dans les procès : une juge durcit le ton
De plus en plus de juristes ont recours à des outils d’intelligence artificielle générative (IAg). Parfois, ces outils inventent des éléments qui n’existent pas (ex. des cas), mais tous et toutes ne prennent pas la peine de vérifier rigoureusement les contenus avant de les utiliser dans un procès. C’est ce qui est arrivé dans une affaire portée devant un tribunal fédéral du Mississippi. Ce cas est particulier puisque tous les avocats, des deux côtés opposés, ont présenté des erreurs générées par des outils d’IAg, ce qui a conduit la juge à annuler le procès et à récuser les quatre juristes. Deux d'entre eux se sont vu interdire de comparaître devant le tribunal pendant deux ans.
5. La déqualification professionnelle entrainée par le recours aux outils d’intelligence artificielle
Des études indiquent qu’une perte de compétences et d’expertises humaines entrainée par le recours aux outils d’intelligence artificielle commence à s’observer en médecine, en informatique et dans d’autres domaines. Ce phénomène, appelé déqualification, touche plus spécialement les professions qui disposent d’outils d’IA performants, tels que la radiologie (imagerie médicale) et la programmation. La situation est particulièrement désavantageuse pour les jeunes, car l’IA automatise souvent les tâches de niveau débutant. Or, ces tâches leur offraient des occasions d’emploi, d’apprentissage et de développement de compétences.
6. Les États-Unis auraient utilisé le système d’IA Grok pour choisir des cibles à attaquer en Iran
Dans une déclaration sous serment, un haut responsable a admis que le Pentagone a utilisé le système d’intelligence artificielle Grok de xAI (Elon Musk) pour mener des frappes contre l'Iran. Le système aurait été impliqué dans le choix de 2 000 cibles de frappe en 96 heures. Cette automatisation du choix des cibles soulève des enjeux quant à l’opacité des systèmes d’IA, à l’attribution de la responsabilité et la reddition de compte, à la possibilité que des humains puissent valider autant de cibles en peu de temps, etc.
- Pentagon used Elon Musk’s Grok AI to fire 2,000 missiles at Iran, official says (The Independent)
- Why having “humans in the loop” in an AI war is an illusion (MIT Technology Review)
- AI Warfare Is Outpacing Our Ability to Control It (Tech Policy Press)

