Commission de l'éthique en science et en technologie

1. Biologie de synthèse : Des chercheurs déjouent le système de biosécurité

La biologie de synthèse a pour but de concevoir et développer en laboratoire des systèmes biologiques qui n’existent pas dans la nature. Elle est maintenant assistée par l’intelligence artificielle (IA) générative qui permet d’imaginer des protéines ayant des caractéristiques recherchées (ex. propriétés thérapeutiques).

Cependant, des agents malveillants peuvent également recourir à l’IA pour concevoir des protéines dangereuses. C’est pourquoi les vendeurs de séquences d’ADN (celles qui permettront de synthétiser des protéines inédites) ont recours à un système de biosécurité. Ce système analyse les séquences commandées par leurs clients afin de s’assurer qu’elles n’ont pas de potentiel pathogène ou létal.

Or, des chercheurs ont testé et déjoué ce système de biosécurité. À l’aide de l’IA, ils ont conçu des protéines inédites en modifiant des toxines existantes. Les séquences d’ADN correspondant à ces nouvelles protéines jugées nocives n’ont pas été signalées par le système de sécurité.

 

2. Neurotechnologies: Un nouveau type d’implant cérébral « télépathique »

Un article du New Scientist rapporte les résultats d’une étude sur un nouveau type d’implant cérébral. Il s’agit d’une interface cerveau-ordinateur qui a permis à un homme paralysé de sentir et de déplacer des objets en contrôlant la main d’une autre personne. Cette technologie pourrait avoir des applications médicales bénéfiques. Elle pourrait, par exemple, favoriser la réadaptation en incitant le cerveau et la moelle épinière à former de nouvelles connexions neuronales au niveau d’une lésion.

Cependant, les interfaces cerveau-machine soulèvent également des enjeux éthiques, notamment sur le plan de la protection des données personnelles neuronales et de la vie privée mentale des personnes. À cet égard, l’UNESCO vient tout juste de publier un cadre normatif mondial sur l’éthique des neurotechnologies.

 

3. Technologies employées par la police de l’immigration aux États-Unis

Afin de réaliser les objectifs de l’administration Trump en matière de déportation d’immigrants en situation irrégulière, l’agence ICE (police de l'immigration et de la douane) a de plus en plus recours à des technologies de pointe : outils mobiles de reconnaissance faciale et de l’iris, logiciels espions ciblant les téléphones intelligents (géolocalisation, extraction de données), drones équipés de caméras, systèmes d’analyse et de surveillance des médias sociaux et du Web caché (dark web), etc.

Or, ces technologies servent désormais aussi à surveiller et identifier des personnes qualifiées d’extrémistes anti-ICE. Des observateurs et groupes de défense des droits craignent que des personnes qui manifestent et s’opposent légitimement aux façons de faire de cette agence soient également ciblées.

 

 

 

 

 

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